17/09/2008

là je crois que c'est une photo de via Mazzini. juste devant l'Opéra, juste après la place au marché de fleurs.


Loin de Lille, je me mets souvent à repenser à des moments passés, des moments tout bêtes, des petites anecdotes. Je me souviens de ces filles, dans le métro. Elles parlaient mal, tout le monde les regardait parce qu'elles parlaient mal. C'étaient des collégiennes toutes jeunes avec des mots moches qui sortaient de leurs bouches à l'infini. Je rentrais du jardin Vauban, avec mon cahier de brouillon sur les genoux, on avait passé l'après-midi à gribouiller des textes, allongés dans l'herbe. Et puis tout d'un coup, elles ont regardé mon carnet. Je me suis demandé si elles allaient me dire des choses moches avec leurs mots de garçon, et puis non, la première a demandé "T'es prof de français?". Ca m'a fait rire, j'ai répondu "Pas prof, élève."alors elle a ajouté "Donc tu veux devenir prof de français?"je me suis dis qu'elle ne voyait sans doute la littérature qu'au travers des élèves, et des professeurs de français, que ça ne dépassait pas le collège, en fait. Un peu plus tard elle m'expliquait qu'un jour elle avait écrit un poème et que le poème était tellement réussi que l'infirmière l'avait affiché dans son bureau. Elle a fait jurer à sa copine, qui a juré que c'était vrai. Je répondais attentivement à leurs questions, elles regardaient mon carnet fermé avec attention, et puis m'ont demandé de l'ouvrir. Il restait deux stations de métro, je leur ai montré quelques phrases. Elles parlaient mieux, ne me faisaient plus peur, elles étaient curieuses. j'expliquais calmement chaque chose et aussi "Mais ça s'apprend pas de bien écrire, si?" et puis les gens autour de nous ne les regardaient même plus comme quatre petites insulteuses. C'était il y a déjà 2 ans, j'étais en hypokhâgne.

3 commentaires:

marie a dit…

je m'en souviens :)

Brice a dit…

C'est une des plus belles histoires du monde.

la jouz a dit…

peut etre as tu lancé des vocations. c'est beau